Heureusement j’eu su l’appâter grâce à ma séduction naturelle et l’utilisation d’un string savamment dissimulé dans mon pantalon mais visible et peut être même arrachable dans un bosquet ou tout autres endroit pas trop visité.
Arriver en trombe à la station service, il négocie mal son virage et prend le bord du trottoir avec conviction, un peu comme pour une pénétration sans lubrifiant, à sec, trop sec. Le pneu est crevé.
Bon, ce n’est pas grave, gardons notre bonne humeur naturelle et notre engouement pour les situations inattendues et voyons comment ça marche. Nous nous repartîmes efficacement les rôles :
Jules tirant, poussant, pouffant, gesticulant autour de cette roue comme un jeune puceau autour d’un clitoris.
- Marjotte (moi donc) scandant des slogans patriotiques ponctués d’opinion sur le concept du remplacement de pneu.
- Robert hurlant à tue-tête dans la voiture : “Stoooooooooone, le monde est stooooooooone, je cherche le soleil au milieu de la nuiiiiiiiiiiiiiiiiiiit”
Nous sommes allés à une petite brocante située à Hermalle sous Huy, un bled qui se situe à trois bornes de la maison mais qui nous à donné l’impression d’un dépaysement total. Les maisons me font penser au sud de la france par temps froid. Très bel endroit.
Je me dirige d’un pas alerte et néanmoins chaloupé vers le lieu de sa villégiature lorsque tout à coup et subitement je suis prise de vertige vertigineux qui me font m’agripper à un pickup heureusement garé la (a croire qu’il a des freins, lui). De douleurs mes doigts s’enfonce dans la carrosserie tandis que tous mes orifices se rallient comme un seul homme pour éviter la catastrophe. Et c’est la que je me dit qu’il faudra bien passé par la. Oui.
J’ai sonné à la première porte que j’ai trouvé, heureusement elle se situait juste derrière moi. Un adolescent banalement grassouillet m’ouvrit (oui parce que si ça avait été Zac Effron, ça m’aurait fait mal). Je lui bredouille quelques mots concernant mon inconfort :
- Bonjour, Pourrais-je utiliser vos toilettes svp c’est super urgent !! (Je suis d’une blancheur diaphane et la sueur coule sur mon front)
- Ben chuis pas chez moi…
- Ah, et ya pas de toilettes alors ?
- Et vous venez d’ou ?
De l’enfer, connard, je suis venu t’exploser ta petite gueule de con et te chier dessus. Bon il est vrai que je suis sapée comme une ranger terroriste avec mes Doc Martens et mon Keffier mais je suis gentille et surtout je dois faire caca…
- de la voiture… pitié, silvouplait, pitié…
- Bon ben je vais demander à mon père ?
- Oui je veux bien
Et c’est pendant ces brefs instants que j’ai compris toute la dimension de Tanguy. Quelques instants après, une dame très propre sur elle qui avait mis ses beaux habits du dimanche me fait entrer et me montre l’endroit. Un magnifique water-closet qui fleurait bon le
Après des minutes qui me parurent fort longues et un savant rhabillage, je me jette sur la bombe de déo. Ben vi comme ça sentait bon en entrant je voulais laisser une belle image de moi. Donc la bombe, je la prends, j’appuie, je réappuie, je me tape la tête au mur, je détruit la bombe à coup de machette. Elle était vide, décorative et vide.
Je sors de l’antre du mal, la dame sort de son bourgeois salon, je la remercie pour ce service rendu à la nation et lui dit que le mieux serait de condamner cette pièce durant une bonne vingtaine d’années, voir même de faire venir le service déminage de la ville.
Quant je rentre dans la voiture, je vois que le volant est bouffé et que Jules à commencer à s’attaquer à son siege tandis que Robert est pendu au rétroviseur tellement ils étaient fous d’inquiétude. Nous retournons à la maison, toujours sans freins mais oh combien plus léger. Durant le trajet, Jules me demande si ça c’est bien passé, sans entrer dans les détails je lui offre mon sourire le plus radieux. Il me demande si cela ne m’a pas gêner et si je n’aurais pas préféré rester dans la voiture.
Personnellement, entre l’humiliation de me chier dessus devant mon mari et amant et celle d’exploser les toilettes de parfaits inconnus, le choix est vite fait. Pas pour vous ?
ps : que tout ceci reste entre nous